Nicolas Bouchard – « L’Empire de Poussière – Tome 1 »

« L’Empire de Poussière – Tome 1 » – Nicolas Bouchard – 2013 – Editions Mnémos

L’Empire de Poussière est immense. Il descend jusqu’au Niflheimr, le monde des Enfers, où personne n’a encore osé descendre. Un jour, Freyja, la Grande Déesse, disparaît. Commence alors une lente et inexorable descente des cités et des structures, indénombrables, de l’Empire. Elles plongent et, selon la légende, seul l’Élu pourra arrêter leur chute. Malheureusement, deux élus naissent. Des jumeaux. Et l’Empire continue sa longue descente vers les profondeurs infernales.

Premier tome d’une saga qui en compte trois, « L’Empire de Poussière » pourrait être considéré comme une longue introduction durant laquelle Nicolas Bouchard, l’auteur, prend le temps de poser les bases de son univers et de sa mythologie, de son intrigue et de ses personnages. Cela n’a cependant rien de rébarbatif car, malgré quelques longueurs, nous sommes directement plongés dans le cœur de cet empire imaginaire et c’est assez facilement que l’on succombe à ses contes et légendes et à ses personnages. Cette lecture, inattendue car arrivée par hasard sur ma table de chevet, est donc une bonne surprise.

Commençons par parler de l’univers, particulier, de cette histoire. J’avoue avoir eu un peu de mal à réussir à visualiser le monde décrit. Des cités, parfois immenses, situées sur d’étranges structures volantes ou flottantes. D’énormes animaux servant de force motrice à des bateaux volants ou flottants. Une absence de ciel. Voire de soleil. Le tout attiré par un sombre et insondable fond. J’ai été heureux que la couverture illustre, magnifiquement d’ailleurs, un de ces fameux objets volants avec, en arrière plan, une cité-structure. Mon imagination n’aurait pas suffit. Par contre, et ceci malgré cette belle couverture, rien ne m’a permis d’imaginer cet univers autrement que sombrement. Comme s’il était constamment plongé dans une atmosphère obscure et lourde où la lumière naturelle n’existe que dans les récits anciens. Ce qui, vrai ou faux, donne une ambiance bien particulière au récit. Et c’est plaisant, finalement.

L’histoire est assez banale car il s’agit de combattre un peuple d’oppresseurs, les Dökkalfars, puissants mais peu nombreux, qui a fait disparaître la principale déesse des Ljosalfars, l’autre peuple, inférieur et soumis mais plus nombreux. Cependant, seule la venue d’un élu aux pouvoirs infinis pourra rendre sa splendeur à Freyja, la fameuse déesse. On assiste à la naissance des élus car oui, ici, ils sont deux. A leur vie en clandestinité, protégés par de magiques parents adoptifs chargés de les préparer à leur futur rôle de sauveurs de l’Empire. On vit également l’apparition de personnages importants sans encore savoir s’ils seront dans le camp des « gentils », donc celui des élus, ou dans l’autre camp, celui des « méchants ». Assistera-t-on à une nouvelle lutte, classique, du bien contre le mal, ou de subtiles nuances parsèmeront le récit ? Il n’est pas encore possible de le dire après la lecture de ce premier tome.

C’est étrange. Il y a un peu de tout dans ce récit pourtant, en écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher de surtout penser à « Star Wars ». Ce doit être cette histoire d’élu capable de sauver un Empire. Ou ces pouvoirs magiques capables d’agir sur la matière en se plongeant en son for intérieur. Ce qui ralentit le cours normal du temps. La présence d’animaux étranges aussi peut y faire penser. Étranges et, a priori, peu ragoutants. Pour certains. Comparaison étonnante car cette histoire oscille avant tout entre Fantasy et Steampunk avec un univers cohérent et fourni, aux larges ramifications, et à la riche mythologie. Et est assez éloignée de la Science-Fiction. Bref, il s’agit surtout d’un ressenti. L’existence d’un certain niveau de technologie y contribue sans doute aussi. Avec l’électricité, les armes à feu, rares car chères mais bien présentes…

Les sujets abordés traitent, entre autres, de lutte des classes avec le fort qui écrase le faible sans pitié et sans remords. En utilisant, notamment, ce droit de frayage qui permet à tout Dökkalfar d’abuser d’une femme Ljosalfar dans un but eugénique de purification et, bien entendu, de disparition de la race inférieure. Sorte de droit de cuissage revu et corrigé. La place de la femme est, elle aussi, assez moyenâgeuse. Utile, elle peut l’être mais réellement libre de dire et de penser ce qu’elle veut, c’est à discuter. Le tout, avec l’utilisation d’un vocabulaire germanisé.

Quant aux personnages, ils sont habillement et patiemment introduits. On les connait intimement et on suit leur évolution avec attention et affection. Il en va de même pour toute la mythologie mise en place par l’auteur. Elle est largement inspirée par les traditions et le folklore ayant cours au nord de l’Europe. C’est passionnant et on s’y plonge comme dans un cours d’histoire. Côté rébarbatif en moins. Il est d’ailleurs bon de souligner que, concernant cette mythologie et ses récits fondateurs, l’auteur a réussi le pari de rendre le tout attractif et plaisant à lire. Ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut. Certains auteurs ont la fâcheuse tendance à se perdre dans de trop nombreuses et de trop longues descriptions ou explications ce qui rend leur monde et leur récit peu lisibles. Ou alors ils donnent tellement de détails et parlent de tellement d’événements qu’il faudrait presque étudier l’histoire du monde imaginé avant d’entamer la lecture du livre souhaité. Ce n’est pas le cas ici et c’est très bien comme ça.

C’est donc une lecture plaisante et une très chouette découverte. Ayant la chance d’avoir trouvé les trois tomes d’un coup, je vais immédiatement me lancer dans la lecture du second volet.

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