Pete Fromm – « Indian Creek »

« Indian Creek » – Pete Fromm – 2017 – Gallmeister

Etudiant en biologie animale, c’est avec des rêves de trappeurs, de chasse et de randonnées interminables que Pete Fromm accepte de passer l’hiver dans les Rocheuses. Seul. Au cœur des montagnes. Et avec quelques semaines de vacances au camping comme expérience en pleine nature. Et c’est avec humour qu’il nous décrira ses longues journées de solitude à veiller à la survie des saumons dont il a reçu la charge. Récit initiatique et ode à la nature, Fromm nous livre un témoignage touchant et sincère.

Ce livre traîne sur mes étagères depuis de nombreux mois. Lu et apprécié par ma compagne, seule ma nouvelle soif de lecture fantasy, fantastique et/ou steampunk m’a empêché de le prendre en main et de le lire. Alors même que les récits de voyages, d’aventures humaines et de nature font partie de mes lectures favorites. Mais que voulez-vous… Il est impossible de satisfaire à toutes ses envies. Littéraires ou autres. Quoiqu’il en soit, il était temps que je m’attache à la découverte de ces grands espaces enneigés du Montana. Ma dernière lecture de Harrison m’y avait déjà emmené. J’ai donc poursuivi mon périple avec enthousiasme.

La première chose qui m’a frappé a été la facilité avec laquelle je suis entré dans l’histoire. Il n’a suffit que de quelques pages pour que je partage les angoisses du départ de Fromm. Ses interrogations sur le matériel à prendre. Sa relative capacité à distinguer l’utile du superflu et de l’indispensable. Son bonheur et sa naïve impatience de partir. Et surtout ses doutes sur ses capacités, une fois arrivé sur place, à survivre. Survivre aux conditions dantesques de la région en hiver. Mais aussi survivre à l’extrême solitude qui l’accompagnera durant sept longs mois. Oui, on plonge avec lui à une vitesse folle et c’en est délectable.

Ensuite, pour l’aventurier de salon que je suis devenu, suivre ses péripéties pour trouver du bois, se procurer à manger, cuisiner avec presque rien… Et bien, c’est d’un dépaysement assez bluffant. On est partagé entre l’envie de vivre comme lui, isolé et à la dure, et celle, plus facile, qui consiste à passer un second pull, bien au chaud dans son lit ou son fauteuil, lorsque lui doit affronter un blizzard ou un lynx blessé et n’ayant rien à perdre. Cependant, l’envie de parcourir ces pistes et de découvrir cette nature belle et sauvage reste assez vive durant toute la lecture car le talent de Fromm ne se limite pas à parler de son expérience avec humour et réalisme. Non. La façon dont il parle de la nature qui l’entoure est enivrante. Il en parle avec passion et respect rendant réel le moindre chant d’oiseau. Et puis il y a le courage. Celui qui lui a fallu pour survivre à cet infernal hiver. Pour ne pas tourner le dos à ces fameux saumons dont il a dû assurer la survie. Le courage de devenir un homme aussi. Car une telle expérience a fait grandir le jeune étudiant qu’il était en prenant cette décision, presque insensée, d’hiverner dans les Rocheuses du Montana. On ne ressort pas indemne d’une telle aventure. On relativise les notions de temps et d’espace. Tout comme le monde dans lequel on vit. C’est, finalement, apprendre à distinguer l’utile du superflu et de l’indispensable.

C’est authentique et incroyablement réaliste. Et ce fût un plaisir de suivre ces aventures.

2 réflexions sur “Pete Fromm – « Indian Creek »

  1. Pingback: Récit initiatique (Indian Creek, Pete Fromm) – Pamolico : critiques, cinéma et littérature

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