David Gemmell – « Le Roi sur le Seuil »

« Le Roi sur le Seuil » – David Gemmell – 2001 – Bragelonne

Le Dragon n’est plus. Il a été décimé par l’Empereur Ceska qui, pour le détruire, a utilisé son plus terrible corps d’armée, les Unis. Mi-hommes, mi-bêtes, ils vivent de violence et de sang. Tenaka Khan a pourtant survécu. Dernier général du Dragon, corps d’élite de l’armée Drenaï, il crie vengeance. Descendant de Regnak, le célèbre Comte de Bronze, par son père, et d’Ulric, prince des Nadirs, par sa mère, il va tout mettre en oeuvre pour tuer Ceska, l’Empereur psychopathe. Quitte à se mettre en danger. Et à trahir, éventuellement.

Après avoir lu, voire carrément dévoré, « Légende », oeuvre majeure de l’auteur, il me tardait de me plonger dans les pages du « Roi sur le Seuil ». J’étais impatient de retrouver ce ton, cette gouaille et ce style direct et sans fioriture caractéristique de Gemmell. Tout comme je trépignais à l’idée de voir s’affronter, dans un concert de feu et de sang, les armées qu’il allait nécessairement mettre l’une en face de l’autre. C’est donc avec un certain plaisir que je me suis lancé dans la lecture de ce livre. Et c’est avec ce même plaisir que j’ai refais connaissance avec l’empire drenaï, ses légendes et ses ennemis.

Ce qui saute directement aux yeux, c’est justement le plaisir, presque enfantin, que prend l’auteur à écrire son histoire. Il écrit ce qu’il voudrait lire et cela se ressent tout au long du récit. Il s’amuse avec ses décomptes détaillés des forces en présence, ses descriptions des combats et ses héros aux principes bien ancrés. C’est précis et sans artifices. C’est plaisant même si, parfois, l’histoire manque un peu de contextualisation. C’est du droit au but. Il veut parler de combats sanglants, de guerriers intrépides et d’héroïsme viril. Le reste, n’est que littérature. Enfin, vous comprenez.

Ce n’est donc pas de la fantasy aux pouvoirs magiques tapageurs. La magie est présente. Par touche subtile. Elle n’est qu’un élément ajouté à une mythologie conséquente qui donne priorité aux muscles et aux exploits martiaux. C’est un monde de légendes presque terre à terre. À propos de ce monde, je tenais à souligner que l’on en apprend bien plus que dans « Légende ». Ce qui est un vrai point positif car j’étais largement resté sur ma faim dans le premier chapitre Drenaï où l’on ne faisait que survoler des éléments qui, au fil des pages et des livres, s’avèrent essentiels. Comme les Trente et leur histoire. Arrivés presque comme un cheveu sur la soupe dans « Légende », suite à une mise en contexte lacunaire, leur vie, leur œuvre et leur raison d’être sont expliqués et détaillés dans cet ouvrage-ci. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Gemmell semble ici avoir pris plus de soin à l’ambiance et à l’histoire de ses personnages. C’est plaisant car cela manquait cruellement. Et c’est encore plus vrai que cela n’enlève rien au côté sanglant assumé de l’auteur. Pour le plus grand plaisir de des lecteurs.

Ce livre est donc une réussite qui plaira aux fans de Gemmell et aux lecteurs à la recherche de Fantasy brute. « Légende » a cependant ma préférence mais c’est dû au tour de force de l’auteur qui parvient à tenir le lecteur en haleine avec une seule et même situation à savoir, le siège sanglant et héroïque de Dross Delnoch.

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