Manon Moreau – « Le Vestibule des Causes Perdues »

« Le Vestibule des Causes Perdues » – Manon Moreau – 2014 – Pocket

Qu’est ce qui fait marcher les gens ? Vers Compostelle ? Qui sont ces hommes et ces femmes qui se transforment, presque malgré eux, en pèlerins ? Il y a Mara, petit bout de femme réservée. Clotilde, bourgeoise assumée et vieillissante. Robert, jeune retraité d’usine. Henrique, qui offre soleil et bonne humeur à tout le monde. Et aussi Sept Lieux. Le Breton. Bruce. Tous ont des blessures. Dont ils souhaitent se débarrasser. Alors pourquoi ne pas marcher ?

Ce thème résonne en moi. La marche. Le chemin. L’itinérance et le soleil. La simplicité et les rencontres. Une richesse rare et précieuse. Dès lors, si un livre aborde ce sujet et cette route millénaire, il m’est difficile de ne pas m’y intéresser. D’autant que l’auteure semble savoir de quoi elle parle. Et que quelqu’un a osé une comparaison avec Rufin et son livre « Immortelle Randonnée ». Flatteuse, la comparaison. Qu’en est-il finalement ? Et bien, pour aller droit au but, Manon Moreau se rapproche malheureusement plus d’une Pancol que d’un Rufin. Dommage.

Commençons par les points forts. Car, malgré tout, ce livre en possède quelques uns et il ne serait pas honnête de ne pas en parler. Tout d’abord, on voyage, en lisant cet ouvrage. On s’imagine sur les chemins. On sent nos pieds avancer. Pas après pas. Peut-être est-ce dû à ma propre expérience mais on visualise les raidillons. On souffre, parfois, avec ces pèlerins imaginés. On se reconnait dans leur humilité et leur conviction d’aller au bout. Les paysages et les gîtes rencontrés sont bien décrits tout comme les villages croisés et leurs ambiances apaisantes. Pour ces différents aspects, on peut parler de réussite, avec ce roman. Il peut inciter au départ, à l’aventure, à l’abandon.

Malheureusement, c’est dans les personnages et leurs vécus que le bat blesse. L’auteure part du principe que, pour marcher sur les chemins de Saint-Jacques, il faut être à la recherche de quelque chose. Quelque chose de tangible ou d’abstrait. D’un absolu. Elle n’a pas tord. Elle, cependant, ne s’attache qu’à décrire des personnages en souffrance. Cachées et enfouies au fond du fond de ces randonneurs amateurs. Ces souffrances sont, bien entendu, un moteur efficace. Mais, les raisons qui poussent les gens à marcher sur ces routes ancestrales ne peuvent se réduire cette recherche de réparation. A ces solutions que l’on espère trouver au détour d’une route de montagne. Une partie des pèlerins marchent dans cette optique. Mais pas tous.

Partons cependant de ce postulat. Ces marcheurs se retrouvent sur les routes pour trouver des réponses. Effacer des souffrances. Chaque personnage possède donc son histoire. Ses démons et ses angoisses. Malheureusement, on nage en plein cliché et les motifs de partir à Compostelle sont abordés de façon bien trop superficielle. Un peu de profondeur aurait pu rendre le roman plus intéressant. Et que dire des solutions trouvées et proposées par l’auteure. Le hasard de ce chemin de papier a fait que la moitié des pèlerins tombe amoureux l’un de l’autre. Facile.

Livre vite lu. Qui plaira à ceux et celles qui souhaitent avoir une vision un peu minaudière de Compostelle et de son pèlerinage.

Une réflexion sur “Manon Moreau – « Le Vestibule des Causes Perdues »

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