Jean-Philippe Jaworski – « Janua Vera »

« Janua Vera » – Jean-Philippe Jaworski – 2007 – Folio SF

Bienvenue dans le Vieux Royaume. Bienvenue dans les ruelles sombres de ses cités. Dans ses légendes où morts et vivants se tiennent compagnie. Où des Rois tombent. Où des assassins s’humanisent. Où des guerriers ont droit à une seconde chance. Un pays de contes, de croyances et de mythes. Bienvenue à Ciudalia, à Bourg-Preux. Et que le mystère vous accompagne.

Ayant beaucoup aimé Gagner la Guerre, il me tardait de retrouver l’univers, riche et fouillé, de Jean-Philippe Jaworski. Notons, pour commencer, que « Janua Vera » est un recueil de nouvelles dont les histoires sont antérieures à celle de Gagner la Guerre. Il est possible de lire ces ouvrages de façon indépendante mais je ne peux que conseiller la lecture de ces deux livres car ils permettent une plus profonde immersion dans le monde créé par Jaworski. Et il serait vraiment dommage de se priver du plaisir presque enfantin que l’on prend en se plongeant dans ces histoires où poésie, talent littéraire et géniale imagination font un mariage presque parfait. Sans entrer dans les détails d’une description trop précise, je pense qu’un bref aperçu des différents thèmes abordés dans ces nouvelles sera intéressant. Et constituera, peut-être, une invitation au voyage et à la lecture de ce recueil.

La première nouvelle se nomme simplement « Janua Vera ». Elle parle d’origines lointaines du Vieux Royaume où Leodegar le Resplendissant, le Dieu-Roi, était vénéré et respecté. Jusqu’à sa chute. Inéluctable malgré les signes. Sans doute le moins bon texte mais je pense que c’est avant tout dû à un manque d’intérêt de ma part pour cette histoire. Vient ensuite « Mauvaise Donne ». Et là, plaisir ô plaisir, on retrouve Ciudalia et son assommante chaleur. Ses odeurs et ses querelles. Ses pratiques douteuses et ses machinations. Et puis il y a Gesufal. Cet assassin auquel on ne peut que s’attacher malgré son manque avoué, et presque fièrement proclamé, d’humanité. Il se retrouve au cœur d’une intrigue qui le verra devenir l’homme de « Gagner la Guerre ». « Le Service des Dames » est une nouvelle où vertus chevaleresques et naïveté s’affrontent au nom d’un honneur désuet. « Une Offrande très Précieuse » parle de seconde chance et d’humanité. De courage et de pardon. Car, malgré la violence des combats, de la vie, il existe toujours une étincelle, si ténue soit elle, pour éclairer sa route. « Le Conte de Suzelle » est également un texte à côté duquel je suis passé. Malgré une belle prose presque poétique, je n’ai pas accroché. « Jour de Guigne » allie savoureusement aventure policière et humour piquant. Dans les bas fonds de Bourg-Preux, un homme se voit atteint d’un mal rare. Qui lui porte malchance. Cependant, elle pourra, peut-être, rendre service, cette malchance. Peut-être. « Un Amour Dévorant », l’avant-dernier texte, traite de fantômes damnés. Une pincée d’angoisse dans un univers reculé et rural où l’on se sent perdu, comme les habitants de ce si petit village. Proche d’un bois. Maudit. Et pour finir, « Le Confident ». Texte étouffant et atmosphère oppressante. L’obscurité nous enveloppe et nous laisse là, avec nos questions et nos doutes.

Voici pour l’aperçu, sommaire, de ce que ce recueil propose. Une variété d’histoires immersives où la déception n’a pas réellement été au rendez-vous malgré deux textes moins captivant. En toute subjectivité. Mais, au-delà de la qualité remarquable de ces histoires, ce qui est appréciable, et trop rare à mon goût dans ce genre de littérature, c’est la beauté des textes. La poésie qui se dégage d’une description. D’un sentiment. C’est bien écrit, presque de façon rêveuse, et l’on se sent immédiatement happé par la magie que l’auteur parvient à mettre dans ses mots. C’est l’une des choses que moi, lecteur de Fantasy lambda, recherche dans ce type d’ouvrage. Un voyage. Beau et quasi réel grâce à l’imagination d’un écrivain et à son talent de conteur. C’est donc avec un grand plaisir que je conseille ce livre, non, ces livres, et cet auteur.

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