Jean-Christophe Grangé – « Le Vol des Cigognes »

« Le Vol des Cigognes » – Jean-Christophe Grangé – 1998 – Le Livre de Poche

Max Böhm, célèbre ornithologue suisse, est retrouvé mort dans un nid de cigognes. Son corps a été découvert par Louis Antioche, jeune étudiant solitaire, à qui il venait de confier une étrange mission. Celle de suivre la migration des cigognes. Car elles disparaissent, ces cigognes. Mystérieusement. Et Böhm veut savoir où et pourquoi. Antioche se retrouve dès lors mêlé à une sombre histoire de trafic qui le mènera successivement dans les Balkans, en Israël, en Centrafrique… Il apprendra la vérité. Une vérité rouge sang. Violente et cruelle.

Petit intermède policier entre les premiers tomes des aventures de la « Compagnie Noire ». Intermède contraint et forcé car devant prendre un avion et n’ayant pas assez de place pour embarquer l’intégrale de cette fameuse compagnie, je me suis rabattu sur un livre qui traînait dans une caisse. Depuis un certain temps. Mon choix s’est porté sur ce titre car j’avais apprécié mes premières lectures de Grangé. « Les Rivières Pourpres », bien entendu. Mais également « Miserere » et « Le Serment des Limbes ». Lus il y a quelques années déjà. Je me suis donc rapidement senti chez moi. Le style, l’ambiance, assez lugubre, et le rythme, soutenu, sont les principales caractéristiques de cet auteur et de ses histoires. Rien ne manque dans ce qui constitue en fait son premier ouvrage paru. Les jalons de ses futurs succès étaient déjà bien fixés. Son envol, comme celui de ses cigognes, pouvait avoir lieu.

Comme expliqué ci-dessus, on sait directement à quel auteur on a affaire. On plonge assez vite dans une ambiance relativement lourde et glauque dans laquelle les coups de sang et les meurtres violents sont banalisés. Et indispensables. Car propres à l’auteur et au développement de son histoire. De ses histoires. L’intrigue, quant à elle, est simple. Mais diablement efficace. Un trafic menant à une voie sanglante sur laquelle se perd un héros qui s’ignore. Un héros qui retrouvera les traces de son passé et dont le chemin sera une sorte de parcours initiatique où les vérités, toutes les vérités, éclateront au grand jour. Facile, finalement. Cependant, ce personnage principal, bien qu’attachant, sur la longueur, est un peu incohérent. Son point de départ est celui d’un jeune garçon introverti. Sans histoire et sans amis. Au passé trouble mais oublié. Un homme déchiré mais timide. Mais, en quelques jours, il se transforme en une espèce de Bob Morane n’ayant peur de personne et sachant mettre au sol des tueurs balèzes et entraînés sans difficultés. Facile, donc.

Pour conclure sur l’un des points forts du livre, outre son ambiance plombante et cohérente tout au long de l’histoire et son énigme efficace, il faut aborder les descriptions très justes que fait l’auteur. Les déambulations d’Antioche dans les rues de Bangui ou de Calcutta sont bluffantes. Il ne manque que les odeurs. On ferme les yeux et on voyage. Il y a quelques longueurs mais rien de rébarbatif. Je ne suis ni spécialiste ni aficionado du genre mais il me faut reconnaître que c’est un policier qui se lit facilement et dont on a envie de connaître la fin. Fin que l’on devine doucement mais ce n’est pas dérangeant car on apprécie les développements de l’auteur et les tribulations de l’Antioche.

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