Ildefonso Falcones – « La Cathédrale de la Mer »

« La Cathédrale de la Mer » – Ildefonso Falcones – 2006 – Robert Laffont

Barcelone, 14ième siècle. Arnau Estanyol, fils d’un serf en fuite, est encore un nourrisson quand il arrive dans la grande cité catalane. En grandissant, il sera tour à tour, porteur des pierres qui serviront à l’édification de la Cathédrale de Santa Marie del Mar, cambiste à succès grâce à ses relations dans les affaires ou encore consul de la mer. Il vivra l’amour et la trahison. Il fera face à l’Inquisition et aux guerres entre cités. Il deviendra le héros. De tout un peuple. De toute une ville.

Après avoir lu les « Les Révoltés de Cordoue », qu’à l’époque j’avais dévoré en quelques jours, il me tardait de lire mon second ouvrage de ce fameux auteur espagnol. « La Cathédrale de la Mer ». J’en avais entendu parlé. Positivement. Mes attentes étaient donc assez élevées. Il faut dire que pour un lecteur comme moi, féru d’Histoire et d’histoires, ce livre a quelques atouts à mettre en évidence. L’auteur, déjà, possède de sérieuses connaissances sur le Moyen-Âge et sur l’Espagne. Ce qui rend son récit crédible et réaliste. Ensuite, le choix judicieux de l’époque. Troublée et passionnée. Sombre mais pleine d’espoirs. Le Moyen-Âge. Ses règles, ses obligations et ses incohérences. Enfin, le style de l’auteur. Fluide et précis. Sans fioritures. Autant d’ingrédients propres à pimenter une lecture. Finalement, qu’en a-t-il été ?

Et bien il s’agit d’une petite déception. D’abord, et malheureusement, j’ai retrouvé les inutiles longueurs d’un Ken Follett au sommet de sa forme. Ce roman compte quelques chapitres en trop. Comme si l’auteur se sentait obligé de rajouter des péripéties, souvent dispensables, pour rendre son histoire intéressante et lisible. C’est dommage car ces inutiles développements desservent le récit et appauvrissent l’ensemble. C’est une caractéristique que je ne me souviens pas avoir rencontré dans « Les Révoltés de Cordoue ». Donc, peut-être, ne s’agit-il que d’un défaut de premier roman.

Les personnages, nombreux, sont, quant à eux, assez bien construits. Sauf peut-être les principaux qui semblent perdus dans ce Moyen-Âge espagnol qui ne convient pas à leurs idées humanistes ô combien novatrices. Ce sont vraiment les gentils. Qui doivent affronter les vilains nobles et les vilains moines de l’Inquisition. Ce qu’ils sont. Ou étaient, à n’en pas douter. Cependant, il y a un manichéisme banal qui rend les choses prévisibles et un peu plates. Bref, ce sont donc les méchants de l’histoire qui sont les plus intéressants car ils témoignent de la dureté et de l’injustice propres à cette époque.

A côté de cela, il me semble pertinent de signaler que les histoires d’amour sont un peu cliché. Que les descriptions de la ville sont vivantes et détaillées. Que l’auteur donne envie de se plonger dans la sombre histoire de l’Inquisition. Dans celle, non moins sombre, du Moyen-Âge en Catalogne. Que son style est toujours aussi fluide et que les pages se tournent assez facilement. Ce qui, dans ce cas-ci, est heureux. Il s’agit donc d’un bon premier ouvrage, à n’en pas douter. Mais qui manque un peu d’épaisseur et de nuances pour un lecteur un peu chevronné.

2 réflexions sur “Ildefonso Falcones – « La Cathédrale de la Mer »

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