Guy Gavriel Kay – « Les Lions d’Al-Rassan »

« Les Lions d’Al-Rassan » – Guy Gavriel Kay – 2017 – L’Atalante

En Al-Rassan vivent les Asharites. Peuple venu des lointains déserts. Une paix relative y règne malgré son éclatement en plusieurs puissantes cités. La paix, donc, mais pas l’unité. Et c’est déjà ça. Au nord vivent les Jaddites. Divisés, également, mais puissants et désireux de reconquérir ces terres dont ils pensent avoir été injustement expulsés. Et parmi eux, survivent les Kindaths. Peuple errant qui croit aux pouvoirs des Lunes. Trois peuples. Et le cours de l’Histoire prêt à être modifié.

Voici un livre qui figurait dans ma PAL depuis plus d’une longue année. Souvent, l’envie me prenait de le commencer. Et puis  un autre livre prenait sa place. Le temps d’une lecture. C’est assez étrange car j’étais assez impatient de le lire, cet encensé ouvrage. Et, ce qui est encore plus étrange, c’est que je reproduis exactement le même fonctionnement avec « Les Annales de la Compagnie Noire » de Cook. Je crois que j’attends tellement de ces lectures que la peur d’être déçu prend le pas sur mon impatience à me plonger dans ces pages et ces univers renommés. Alors, quel est le verdict pour ces fameux « Lions d’Al-Rassan » ? Globalement très bien. Voire même très, très bien. Seule l’une ou l’autre petite chose aurait pu être différente. Mais ce n’est rien de bien important. La qualité de l’ouvrage est telle qu’il aurait fallu de grosses, que dis-je, de gigantesques lacunes pour qu’il soit une déception. Heureusement, il n’en a rien été et le plaisir de lire a été au rendez-vous jusqu’à la dernière page.

Comme déjà souligné dans de nombreuses critiques lues ci et là, l’un des points forts du récit est la rigueur presque scientifique dont fait preuve Kay pour construire son univers et son histoire. On sait que son monde n’existe pas pourtant on se retrouve immergé dans l’Espagne de la Reconquête comme si on lisait un roman historique à la véracité et à la réalité brutes et irréfutables. Les éléments de fantasy étant discrets, on finit par les oublier tant ils font rapidement partie du décor. Ces deux lunes font même envie. Quel plaisir cela devrait être d’assister à leur lever. Son monde fait rêver et, malgré la dureté propre à cette sombre époque, la magie de l’Orient opère grâce à une érudition et une poésie raffinées. Les personnages quant à eux sont entiers et attachants malgré l’usage de quelques clichés propres à la fantasy médiévale. Héros sans peurs et sans reproches pour Rodrigo Belmonte. Pareil pour Ammar. A quelques reproches près. Ils sont beaux. Forts. Riches. Presque intègres. Bref, ils sont dignes de figurer dans les annales de la preux chevalerie. Ils sont un peu lisses mais ce n’est pas dérangeant. Tant qu’à aborder les faiblesses, légères, du récit, autant enchaîner avec l’un des aspects que j’ai modérément apprécié. La romance entre les trois principaux personnages. Un brin inutile. Et peu crédible. Heureusement, elle ne prend qu’une place discrète.

En guise de conclusion, c’est un excellent roman de fantasy distingué et abordable dans lequel on se plonge avec une joie ensoleillée. Pauvre en violence et riche en descriptions, à conseiller pour ceux et celles qui veulent se lancer dans la fantasy doucement épique.

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