Joe Abercrombie – « Pays Rouge »

« Pays Rouge » – Joe Abercrombie – 2016 – Bragelonne

Lorsque Ro, sa petite sœur, et Pit, son petit frère, sont enlevés, Farouche Sud n’hésite pas à reprendre ses anciennes habitudes. Mauvaises. Et violentes. Aidée par Placide, son fidèle trouillard, elle se lance à la poursuite de ces étranges ravisseurs avec, en bouche, le goût du sang. S’il doit couler, il coulera. Vite. Et bien. C’est le prix que toute personne qui se mettra en travers de sa route devra payer. Malgré la peur. Malgré tout.

Voici donc que se clôture mon premier cycle de Joe Abercrombie. Enfin, de cycle, il n’en est pas réellement question puisqu’il s’agit plutôt de trois ouvrages indépendants dans lesquels certains personnages se croisent et se recroisent partageant le même univers. Où le Nord et l’Union ne sont que rarement intimes. Ou alors dans le sang. Où la morale s’adapte. Et prend souvent le sens du vent. Un univers sombre, violent mais dans lequel se cache, malgré tout, un semblant d’humanité. Un fin de cycle, disais-je donc. D’histoires sanglantes et plaisantes. Teintées d’humour noir. Parfois féroce. Je n’ai pas suivi l’ordre de parution. Mon premier contact a été « Les Héros« . Qui, pour moi, est le meilleur des trois. S’en est suivi, tant chronologiquement que qualitativement, « Servir Froid« . Pour terminer par « Pays Rouge ». Où cet univers particulier s’enrichit d’une touche western qui n’a pas été pour me déplaire. Même si, des trois, c’est celui que j’ai le moins apprécié.

Nous suivons donc la piste vengeresse de Farouche, une jeune femme revenue au bercail après avoir vécu de banales histoires de vols, de meurtres et de violences. Elle en fera son secret et personne ne lui posera de questions. Elle est accompagnée par Placide. Un colosse aux réflexes de chien battu. Plus tard, nous retomberons sur Cosca. Ce fameux chef d’une compagnie de mercenaires qui m’a semblé bien moins sympathique que dans « Servir Froid ». Il ne s’embarrasse plus de morale et la moindre pièce d’or peut faire l’objet d’un règlement dans le sang. Temple, son juriste, rongé de remords, fera du retournement de veste une spécialité. D’autres personnages, truculents, complètent cette galerie d’étranges protagonistes dont le point commun semble être l’envie, féroce, de sauver sa peau.

L’un des aspects les plus intrigants s’avérera également être le plus intéressant. Ce mélange, subtil, de fantasy médiévale classique et de western est une réussite. Avec, dans le rôle de la caravane de prospecteurs, Farouche et ses compagnons d’infortune. Dans celui des courageux mais sauvages indiens, les Fantômes. Dont les accoutrements m’ont également fait penser à certains timbrés apparus dans Mad Max. Les rivalités, à Fronce, ville sans foi ni loi, sont typiquement celles qui ont dû exister dans ce Far West bouillonnant et agressif. Il y a aussi une part de mysticisme digne des peuples amérindiens. Et puis cette violence. Moins présente que dans les volets précédents. Mais quand même là. Partout. Suintant de ces personnages. Principaux et secondaires.

Cet auteur, ses histoires et son style sont donc une excellente découverte pour moi, néophyte du genre et, encore et toujours, à la recherche de grands espaces. Majestueux et magiques. Parfois violents. Sombres. Où le bien et le mal ont une frontière floue. Loin d’un manichéisme basique et insipide. Riches sont ses histoires. C’en est addictif.

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