Pierre Pevel – « La Trilogie de Wielstadt »

« La Trilogie de Wielstadt » – Pierre Pevel – 2011 – Pocket

Wielstadt, inexpugnable cité du Saint Empire Romain Germanique. Protégée, de l’extérieur, par un antique dragon. Et, de l’intérieur, par le Chevalier Kantz. Énigmatique personnage aux secrets, profonds, et à la violence consacrée. Solitaire et implacable, il lutte contre les forces du mal, nombreuses et perverses, en cette période troublée qu’est la Guerre de Trente Ans. Entre faunes, goules et spectres assassins, il tentera de sauver une ville et une vie en déliquescence.

Lecture étrange durant laquelle je n’ai cessé d’osciller entre déception et intérêt renouvelé. Déception car ni la couverture ni le résumé ne prépare réellement le lecteur à ce qu’il va découvrir au fil des pages. Quand on s’attend à un récit aux hautes envolées fantastiques, on ne peut qu’être déçu. Car, même si les éléments fantastiques sont effectivement présents, nous nous trouvons face à un roman policier et ses codes plutôt que face à un roman de fantasy épique et survolté. Cependant, et si le cœur nous en dit, bien entendu, il n’est pas malaisé de passer outre cette légère contrariété. Et si on aime un tant soit peu les romans policiers, évidemment. Roman policier aux forts accents historiques, dans le cas présent. Heureusement, c’est mon cas donc, de déception il a bien été question mais elle ne fut que de courte durée.

Dans « Les Ombres de Wielstadt », le décor est planté. Les origines de la ville, la présence protectrice du dragon, le contexte, brutal, de la guerre qui oppose les différents courants religieux de l’époque, l’auteur prend soin de patiemment mettre son univers en place. Univers réaliste car historiquement justifié. Mais teinté de fantastique grâce à la présence de faunes, de goules, d’esprits malfaisants. Et celle de Kantz et de sa main tatouée et vibrante à l’approche des forces du mal. Son enquête le mènera dans les méandres et les mystères de la Sainte Vehme victime d’un esprit vengeur. Dans « Les Masques de Wielstadt », le second volet, l’ennemi du Chevalier s’avère plus dangereux, plus coriace et mieux organisé que prévu. Et surtout, cet ennemi fédère ses objectifs. Prendre la ville et la vie de Kantz. Devenu presque malgré lui leur cible prioritaire. Et enfin, dans « Le Chevalier de Wielstadt », les mystères concernant notre atypique héros se dissipent et on apprend qui il est et pourquoi il est.

En définitive, ce fut une lecture agréable malgré des attentes déçues à cause d’une incompréhension entre le résumé et moi, lecteur en recherche de grands et larges horizons. Les contextualisations durant lesquelles l’auteur explique en long, en large et en travers ce qui, durant ces sombres années, se passe dans le Saint Empire Romain Germanique ne m’ont jamais parues verbeuses et ont toujours été intéressantes. Même si certains éléments étaient dispensables à la compréhension de l’histoire. L’utilisation d’une langue et de termes désuets ajoute une petite pointe dépaysante permettant une plus grande immersion dans le récit. Le Chevalier est un personnage riche et complexe dont le caractère taciturne et entier ne constitue pas un paradoxe insurmontable. On se prend presque d’affection pour lui alors que c’est exactement le genre de personnage que l’on sait n’avoir besoin de personne. J’ajouterais également que malgré que les méchants soient vraiment méchants, l’auteur évite l’écueil d’un manichéisme de base en donnant, aux deux camps, des circonstances atténuantes ou des caractéristiques appartenant, normalement, à l’adversaire.

Pour conclure simplement, une bonne lecture.

2 réflexions sur “Pierre Pevel – « La Trilogie de Wielstadt »

  1. J’ai le même ressenti que toi : le synopsis ne reflète pas vraiment le livre, ce qui mène presque automatiquement à une déception. N’aimant pas spécialement les genres policier et historique, je n’ai pas vraiment accroché, même si l’histoire est cohérente, les personnages attachants et l’intrigue divertissante 😉

    • C’est exactement ça. Et je trouve ça assez dommage pour les personnes qui n’ont pas d’affinités avec le genre policier et/ou historique. Là, la déception risque d’être plus amer. Je comprends donc parfaitement que t n’aies pas spécialement accroché 🙂

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