Nicolas Bouvier – « Il faudra repartir »

« Il faudra repartir » – Nicolas Bouvier – 2012 – Petite Biblio Payot

Textes édités après la mort de Nicolas Bouvier. Parlant de pays sur lesquels il n’a, de son vivant, rien publié. Il y a, en 1948, son premier voyage le conduisant au Danemark. En 1992, ce sont les routes néo-zélandaises qu’il parcoure. Entre les deux, l’Indonésie, la Chine, le Canada, l’Algérie. Ce sont des textes bruts. Rédigés avec talent par ce portraitiste connu et reconnu, ce fin observateur de la vie quotidienne sous toutes les latitudes.

Voici un auteur connu pour la qualité de sa plume et pour son goût de la découverte et du voyage. Deux caractéristiques qui ne pouvaient me laisser indifférent. Il était temps que je mon plonge dans cette œuvre car, avant ce livre, je n’avais encore rien lu de Nicolas Bouvier. Mais les circonstances et une certaine prévenance m’ont fait le découvrir par l’intermédiaire de ce livre publié post-mortem. En guise d’hommage mais aussi pour saluer les intrinsèques qualités d’observation et d’analyse de Bouvier. Car ces textes bruts, sans fioritures, soulignent la finesse et la justesse de son travail. Il s’agit d’une réalité vue et vécue par cet amoureux de voyages authentiques loin, bien loin, des sentiers battus.

A peine majeur quand il décide de se rendre au Danemark, sa joie de voyager, de voir, de découvrir et de décrire transparaît dès ses premiers textes. Il rend compte avec précision et sagacité de ce qu’il voit sans, parfois, prendre de gants. Comme lorsqu’il décrit ces étudiants rencontrés à Bruxelles ou quand il arrive en Hollande sous une lourde pluie. Ce qui le rend doux amer. Ces passages plus crus auraient sans doute été modifiés après relecture mais ils soulignent que ce qui se trouve entre nos mains, c’est avant tout le carnet de note d’un infatigable voyageur qui ne prend de repos dans son écriture que contraint et forcé. Nous le voyons, et le vivons presque avec lui, lors de son séjour en Indonésie où son genoux le fait tellement souffrir qu’il ne participe pas, ou peu, aux visites et que son écriture se fait fragmentaire, sorte de version sténographique de son travail.

C’est passionnant et vivant. Bain d’ailleurs, il épanche un peu une soif, inextinguible pour certains, de nouveaux horizons. De voyages et de bouts du monde. Oui, il faut voir la Chine car elle avance vite. Et que chaque époque est un tournant. Oui, il faut aller en Algérie pour se baigner dans une culture bien trop souvent mise à mal. Oui il faut aller au Canada pour assouvir ses rêves d’espaces et de naturelle grandeur. Oui, il faut voyager. Nicolas Bouvier le dit. Justement. Et intelligemment.

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