Mélanie Benjamin – « Les Cygnes de la Cinquième Avenue »

« Les Cygnes de la Cinquième Avenue » – Mélanie Benjamin – 2017 – Albin Michel

New-York, fin des années 50. Des femmes riches et belles. A qui tout semble sourire. Ce sont les « Cygnes ». De Truman Capote. Auteur célèbre pour son génie littéraire. Et pour son amour du luxe et des scandales de la haute société. Fort d’un succès retentissant, il va plonger dans ce monde superficiel au point de s’y perdre et de, socialement, se suicider.

Truman Capote. Sa vie. Ses excès. Et ses excentricités. Certainement les aspects les moins intéressants du personnage. Ou en tout cas les plus agaçants. Car, aussi talentueux soit-il, ce qu’il peut être énervant. Voire carrément détestable avec sa morgue venimeuse. Malheureusement, ce que le livre ne dit pas, c’est s’il était naturellement hypocrite et mauvaise langue ou bien si c’est cette fameuse Haute Société new-yorkaise, si chère à son cœur, qui a dramatiquement déteint sur lui. Ce qui semble certain c’est qu’il s’y trouvait comme un poisson dans l’eau. Entre strass, paillettes et flash crépitants, l’auteur de « De Sang Froid » baignait dans un océan de félicité.

Mélanie Benjamin décrit à merveille cette superficialité. Cette façon dont ces riches femmes et Capote parviennent à élever l’oisiveté au rang de valeur. Où leurs plus grands soucis résident dans le choix de leur tenue pour le bal de la semaine prochaine. Un monde de luxure, de scandales et de mensonges qui sied parfaitement aux personnages importants de l’après-guerre. Cette plongée dans un monde peu connu est intéressante mais aussi extrêmement agaçante. Et le portrait de Capote le rend hautement antipathique. Même si certains éléments de sa vie permettent de comprendre les raisons qui le poussent à devenir ce monstre alcoolique ne sachant presque plus faire la différence entre le bien et le mal. Il apparaît comme profondément égoïste. Jaloux et possessif. Et d’une fidélité toute relative lorsqu’il s’agit de mettre ses amitiés à l’épreuve. Ses Cygnes, ces fameuses femmes riches et célèbres, enviées par le tout New-York, en feront les frais et fermeront les portes de leur monde à cet auteur qui, finalement, n’en a jamais réellement fait partie.

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