Ken Liu – « L’Homme qui mit fin à l’Histoire »

« L’Homme qui mit fin à l’Histoire » – Ken Liu – 2016 – Le Bélial’

Deux scientifiques américains mettent au point un procédé pour voyager dans le temps. Une seule et unique fois par une seule et unique personne pour toute période visitée. Le but ? Être témoin oculaire du passé avec la promesse de rétablir la vérité sur les plus obscures pages de l’Histoire. L’Unité 731 est la première cible de cette révolution. La vérité à tout prix ? Oui, quitte à tout perdre.

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Une couverture magnifique a tout d’abord attiré mon regard dans cette grande et froide librairie. Le résumé m’a ensuite rapidement renseigné sur l’intérêt que je pourrais porter au sujet développé dans ce court roman. Et, pour achever ce travail de séduction, une phrase. De la romancière Elizabeth Bear. « Ken Liu est un génie ». Comment ne pas succomber ? Même si, au départ, un autre livre aurait dû tomber dans mon sac…

Parlons d’abord du sujet. Enfin, des sujets. Le premier est relativement commun car il s’agit du voyage dans le temps. Thème abordé largement dans la littérature et ce depuis de longues décennies. Cependant, il n’est, dans le cas présent, ni traité avec romantisme, ni fantasmé comme cela a pu être le cas dans de nombreux romans. Il s’agit simplement de décrire un procédé qui permettrait d’établir ou de rétablir la vérité sur les pages volontairement oubliées de notre Histoire. Ce qui nous amène au second sujet développé dans ce brillant roman, la Seconde Guerre Mondiale en Asie et, plus précisément, les recherches scientifiques effectuées par la tristement célèbre Unité 731. Unité médicale japonaise s’étant rendue coupable de maintes atrocités sur les populations locales et sur les prisonniers de guerre.

Ce qui est intéressant ici c’est le parallèle fait par l’auteur entre la réalité et la fiction. Pour diverses raisons, ces horreurs n’ont été officiellement reconnues par les autorités qu’au début du XXIe siècle. Près de 60 ans après les faits. Et assez timidement. L’auteur, par le biais de ces voyages dans le temps, tente, dans son livre, de prouver aux yeux du monde que ces exactions ont bel et bien eues lieu. Et ces témoignages seraient, réellement, bien nécessaires. Car la frontière est assez floue entre les réactions des autorités romancées dans les pages de ce livre et celles, bien réelles, des officiels japonais et américains en ce début de nouveau millénaire. A cela s’ajoute la question, philosophique, de la nécessité de savoir la vérité. La nécessité de savoir pour pardonner. Pour avancer. Et pour, peut-être, parvenir à vivre.

C’est une Science Fiction qui dénonce. Avec justesse et talent.

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4 réflexions sur “Ken Liu – « L’Homme qui mit fin à l’Histoire »

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