Frank Herbert – « Dune »

« Dune » – Frank Herbert – 2012 – Editions Pocket

Nous sommes en l’an 10 191 après la création de la Guilde Spatiale. L’Empereur Shaddam IV décide de léguer Arrakis, la planète des sables, à la Maison Atréides. Jusqu’alors, ses représentants, dirigés par le Duc Leto, vivaient sur Caladan, une planète d’eau propice à l’agriculture. En acceptant de prendre possession de ces terres hostiles, les Atréides ont modifié leur destin. Et celui de l’Univers.

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« Dune ». Ce livre fait tellement partie de la culture dite générale que sa célébrité dépasse de loin le cercle relativement fermé des fans de Science-Fiction. Ce phénomène, ce succès, pourrait être comparé à Metallica. Tout le monde connait ce groupe mais, parmi eux, peu s’estiment être des aficionados de la musique « metal ». C’est pareil pour « Dune ». Il ne faut pas être mordu de Science-Fiction pour connaitre ce livre. Et dire que je viens seulement de le lire ce mythique, ce mystique ouvrage. Cette référence parmi les références. Bref, ce livre culte. Comme il en existe finalement peu.

Autant le dire tout de suite, je suis loin d’avoir été totalement conquis. Malgré tout, je comprends les raisons qui font de « Dune » cette référence absolue. Certains vont d’ailleurs jusqu’à dire que ce livre a contribué à définir ce genre littéraire particulier qu’est la Science-Fiction. Je n’irai sans doute pas jusque là mais il est vrai que bon nombre de codes et de postures propres à cette littérature ont trouvé naissance ou se sont affirmés dans « Dune » et ses suites. Mais cela n’est pas nécessairement synonyme de roman de qualité.

Essayons de clairement formuler notre point de vue. L’action, par exemple. Elle est singulièrement absente. Ou en tout cas largement sous exploitée. Les batailles sont vécues aux travers de dialogues parfois longs et verbeux. Ce qui rend, par moment, le récit peu lisible. Même réflexion quant aux discussions censées clarifier les philosophies ou les modes de pensée propres aux principaux protagonistes. On comprend bien les grandes lignes mais, sans doute pour rendre le récit plus complet, plus consistant, on a parfois l’impression que l’auteur en remet une couche. Inutilement. On sait, après quelques centaines de pages, qu’une Bene Gesserit possède un certain nombre de dons. Il n’est pas utile de le rappeler de si nombreuses fois. Le récit est parfois un peu trop technique. Il manque aussi la poésie qui peut, par exemple, exister dans le « Seigneurs des Anneaux ». Et enfin, l’auteur pense que l’on a la même connaissance induite que lui et oublie parfois d’expliciter, même brièvement, l’origine de certaines théories ou de certains concepts.

Mais bon, excepté ces quelques remarques, il est évident que ce roman est d’une très grande richesse et qu’il ne peut que susciter l’adhésion des mordus de Science-Fiction. C’est bien construit. Les protagonistes sont clairement identifiés et cela malgré leur nombre relativement important. Ils sont émotionnellement riches et ont des personnalités intéressantes propres à l’univers décalé de « Dune ». Les références aux religions et aux philosophies du « monde réel » sont assez justement exploitées et permettent de s’identifier à une situation ou à un personnage.

C’est donc un bon livre. Un bon roman avec une histoire riche et complexe. Ce n’est pas toujours abouti mais je suis malgré tout impatient de lire la suite. Et de voir s’il y a des évolutions dans l’écriture. Et dans la construction de l’histoire.

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