John Irving – « Le Monde Selon Garp »

« Le Monde Selon Garp » – John Irving – 1980 – Editions du Seuil

Garp est né de l’union entre Jenny, une infirmière forte et indépendante, et T.S. Garp, un soldat grièvement blessé durant la Seconde Guerre Mondiale et qui meurt peu après leur atypique idylle. Lutteur durant son adolescence, il deviendra écrivain en même temps que sa mère. Mais sans la célébrité. Elle viendra plus tard. Sa vie sera rythmée par l’idée particulière qu’il s’en fait. Avec originalité. Et sans en démordre. Quoique…

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En un peu plus d’un an, c’est le second roman considéré comme « classique de la littérature américaine contemporaine » que je lis. Le premier étant « La Conjuration des Imbéciles ». Cette appartenance au panthéon littéraire américain n’est pas l’unique point commun entre ces deux œuvres majeures. Les deux personnages principaux partagent certaines caractéristiques. Fortes. Comme cette sorte de suffisance. Ce caractère hautain. Cette foi limitée dans l’espèce humaine. Et cette conviction, profonde, d’être mieux que les autres. D’être un génie incompris. Ou, à la limite, mal compris. Heureusement, dans « Le Monde Selon Garp », ces aspects, que j’avais trouvé insupportables dans « La Conjuration… », sont moins marqués et sont contrebalancés par d’autres éléments qui tendent à rendre Garp attachant comme sa vie de famille et son parcours littéraire.

A ce premier constat viennent se greffer plusieurs satisfactions. Comme, par exemple, l’exploitation, sous de nombreuses, et parfois cruelles, formes, de la concupiscence. Thème majeur développé par Irving à travers les voix de ses principaux personnages, cette tendance à vouloir jouir des plaisirs charnels sous différentes formes pose la question du bien et du mal. Du nécessaire et du superflu. Du consenti, du conscient. Du partiellement toléré ou du généralement accepté. Ces variations interpellent et étonnent. Principalement car ce thème fait tellement partie de l’ouvrage qu’il finit presque par disparaitre constituant une sorte d’invisible arrière plan que l’on ne peut plus qu’inconsciemment intégrer comme étant la trame principale du livre. C’est traité avec talent et justesse.

L’histoire de la mère avec la fondation, presque par accident, du féminisme est également une réussite car les nuances qui existent entre les « pro » et les « anti » sont subtilement exploitées et ne se limitent pas à une division manichéenne du problème avec l’homme mauvais et la femme victime. Les craintes que Garp nourrit quant à ses enfants et à son rôle de père sont assez bien transposées par l’auteur. Tout comme l’amour inconditionnel qui leur voue. C’est juste et sincère. Comme, de manière plus général, l’est ce livre malgré, peut-être, certaines longueurs.

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