Jean-Christophe Rufin – « La Salamandre »

« La Salamandre » – Jean-Christophe Rufin – 2006 – Galimard

Catherine, quadragénaire solitaire, vit et travaille à Paris. Sa vie, sans éclat, monotone, passe. Doucement. Suivant un rituel où le dimanche est honni. Où sa réussite est professionnelle. Où la passion n’existe pas. Et puis vint le Brésil. Recife et ses plages de carte postale. Ses premières vacances depuis de longues années. Le temps disparait. La réalité s’éloigne peu à peu. Elle plonge. Sans jamais chercher à remonter.

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Depuis « Globalia », depuis « Immortelle Randonnée », Jean-Christophe Rufin est un auteur que j’apprécie très fortement. Je n’ai jamais été déçu par l’un de ses livres. La qualité d’écriture est toujours la même. Egale et agréable. Fluide et pertinente. On se laisse transporter par les mots qui se succèdent et se fondent dans un ensemble toujours cohérent. Erudit sans être pédant, il partage un petit quelque chose avec Amélie Nothomb. Et, en matière de contenu, j’ai chaque fois été séduit par ses histoires où se mêlent astucieusement vécu et fiction sans toujours pouvoir cerner où se situe la frontière.

Dans une certaine mesure, c’est encore le cas cette fois-ci. Mais pas tout à fait. Presque. La forme est toujours très bien. On lit avec bonheur et les pages se tournent sans que l’on s’en apercoive. Même si l’histoire est moins prenante. Avec une héroïne qui agace. Par sa frivolité et sa légèreté. Par une nonchalance et une naïveté qui frôlent la bêtisse pure. Pourtant, certaines de ses réflexions sont pertinentes. Son refus du tourisme de masse et sa critique d’une colonisation toujours bien présente. Mais quand même. Le vide de son existence européenne qu’elle cherche à combler à tout prix la conduit à des extrêmités qui la plongent dans des abîmes sombres et profonds où sa folie joue au chat et à la souris avec mon relatif bon sens.

Par contre, on ne peut être que transporté par les descriptions précises et tellement vivantes que Rufin fait de Recife et de la vie qui s’écoule doucement, durement, sur ces côtes brésiliennes, où le paradis et l’enfer dansent à s’en rendre fou.

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