Martin Michaud – « Je me souviens »

« Je me souviens » – Martin Michaud – 2015 – Kennes Editions

Judith Harper, brillante scientifique, et Nathan Lawson, avocat prospère, sont retrouvés morts. Le cou transpercé de part en part par une arme inconnue. Un sans-abri se suicide. Deux portefeuilles se trouvent dans ses effets. Ceux de l’avocat et de la scientifique. Quel lien existe-t-il entre ces différentes affaires ? Victor Lessard, de retour à la Section des Crimes Majeurs, va tenter de démêler les files de ces étranges évènements.

CVT_Je-me-souviens_4626

Premier roman lu de cet auteur et agréable surprise. En tout cas, au niveau de l’intrigue et de ses développements. Rien n’y est à redire. Les éléments du récit s’imbriquent les uns aux autres avec bon sens et logique. On sent que l’auteur maitrise son sujet et qu’il joue parfaitement avec les codes et les effets propres au genre policier. De ce point de vue là, il n’a rien à envier à ces auteurs venus du froid et qui, depuis de nombreuses années maintenant, font la pluie et le beau temps dans le microcosme de la littérature policière. On suit avec intérêt les différentes étapes de l’enquête et on se réjouit de la voir progresser vers une fin originale et crédible. Techniquement, tout est très bien exécuté.

Là où le bât blesse légèrement, mais sans que cela ne diminue significativement la qualité générale de l’ouvrage, c’est que l’on n’arrive pas à se plonger dans la vie des différents personnages. Leurs contextes personnels, leurs passés et leurs histoires manquent de crédibilité. L’intrigue porte seule ce roman et les éléments censés faire le lien entre les lecteurs et les personnages ne remplissent pas leur rôle. On en vient presque à sauter les passages où Victor Lessard doit affronter des difficultés familiales ou lorsque son patron voit sa femme se débattre avec la maladie. Toutes ces petites choses qui, normalement, font s’attacher les lecteurs aux héros d’un récit manquent du « petit truc en plus » qui ferait de ce troisième roman une totale réussite.

A côté de ce petit bémol qui n’a bien entendu rien de dramatique, l’accent et les expressions québécoises parfaitement retranscrits par Martin Michaud sont un régal. On lit et, dans notre tête, on entend cet étrange accent qui nous fait sourire et nous charme. Même si on est pas toujours certain d’avoir bien compris le sens de ces particulières suites de mots.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s