Florian Eglin – « Solal Aronowicz Holocauste »

« Solal Aronowicz Holocauste » – Florian Eglin – 2015 – La Baconnière

Solal Aronowicz, personnage hautain à l’esprit violent et vengeur, trésorier de « Ces Messieurs !!! », association et école de savoir-vivre de factotum, est sur le point de fêter ses 40 ans. Mais, à la veille de cet important évènement, il n’a qu’une obsession. Compléter la liste. Sa liste. De gens à tuer. Par vengeance. Avec la colère et la haine pour ne pas oublier et ne pas flancher.

9782940431373

Dernier volet d’une trilogie qui voit Solal Aronowicz, personnage atypique et barré, en être le héros. Enfin, le héros… Le principal protagoniste serait peut-être un terme plus adapté. Car d’héroïsme, il n’y en a nulle trace dans sa conduite, ses réflexions ou sa façon de vivre. Sauf, bien entendu, si passer ses journées à boire les meilleures bourbons, à fumer les meilleurs cigares en trucidant de temps à autre un importun, s’apparente à une conduite héroïque. N’ayant pas lu les deux premiers livres, je ne sais pour quelles raisons Solal vit de cette façon. Ni d’où vient son immense fortune. Et cette immense violence. Tout comme j’ignore ce que cette mystérieuse association sobrement appelée « Ces Messieurs !!! » poursuit comme objectif. A écrire ces quelques lignes, on se dit qu’on pourrait facilement, et logiquement, avoir l’eau à la bouche. Que rien ne serait moins étrange que de se ruer sur cet ouvrage et sur ces prédécesseurs pour en dévorer les pages avidement. Et pourtant.

Après seulement une dizaine de pages, je me suis surpris à me dire que la lecture de ce roman, décrit comme loufoque et baroque, allait être un peu rude. Pas tant à cause du sujet abordé qui, dans cette première partie, décrivait la lente mise à mort publique d’une ancienne gardienne de camps nazie. Originalité acérée pour un début prometteur au niveau du fond. Non, c’est plutôt la forme, et spécifiquement la construction et la longueur de certaines phrases, qui me laissait perplexe. Et légèrement migraineux. Devoir relire une phrase plus de deux fois pour ne même pas être certain d’avoir compris où l’auteur voulait en venir est tout aussi curieux que déplaisant. Surtout lorsqu’il ne s’agit que d’un roman et non d’une thèse universitaire sur « la sédimentation des roches en fond marin au large des côtés danoises ». Et pourtant, je n’ai rien contre les constructions alambiquées ou le passage du coq à l’âne. Mais une phrase qui atteint vingt lignes avec des virgules dans tous les sens, c’est quand même un peu trop. Lecture assez ardue qui ne permet donc pas de complètement rentrer dans le récit.

L’histoire quant à elle perd rapidement de sa saveur. L’absence de cohérence, le manque d’une ligne directrice claire, d’un fil rouge à suivre, même s’il n’est pas évident, fait perdre tout intérêt à la lecture et ne la rend pas plus aisée loin s’en faut. Malgré tout, il serait idiot de ne pas reconnaitre le talent manifeste de l’auteur ainsi que sa bonne connaissance d’une certaine « culture pop ». Ce livre regorge également de références, notamment littéraires, intéressantes et parfois curieuses. Mais cela n’a pas suffit pour raviver un intérêt trop largement battu en brèche. Une lecture difficile donc…

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