Vea Kaiser – « Blasmusikpop »

« Blasmusikpop » – Vea Kaiser – 2015 – Les Presses de la Cité

Johannes n’est pas un jeune villageois comme les autres. Son rêve est de quitter Saint-Peter-sur-Anger où sa soif de savoir et son goût pour la culture grecque le font passer pour un original prétentieux. Au grand dam de ses parents, qui espèrent le voir reprendre l’entreprise paternelle, il vouera sa jeune existence à l’étude avec comme objectif de réussir son baccalauréat. Pour enfin pouvoir quitter ces barbares de voisins.

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Le résumé du livre mettait l’eau à la bouche. Une histoire de ver solitaire parvenant à ébranler les traditions désuètes, mais pourtant bien ancrées, d’un village autrichien perdu dans les alpages. Une rencontre entre une certaine ruralité et une idée de ce que la modernité peut, parfois, apporter de beau et de bon. Un choc des cultures entre habitants d’un même pays, d’une même vallée, d’un même flan de montagne. Le tout avec une touche d’humour que n’aurait, a priori, pas désavoué Thomas Gunzig.

Malheureusement, l’enthousiasme est rapidement retombé. Il m’a d’abord été difficile de m’attacher aux personnages. Ceci pour la simple et bonne raison qu’on a l’impression de devoir jouer à un jeu de piste avant de pouvoir trouver le « bon » héros du roman à savoir Johannes deuxième du nom. Celui qui rêve de passer son baccalauréat. Qui ne pense qu’à s’enfuir le plus loin possible de ce village de dégénérés. Il met du temps à apparaitre celui-là. On doit d’abord se coltiner l’histoire du « bon papa » dans ses grandes largeurs. Je suis d’accord pour dire que le contexte est important et que la vie du grand-père est un élément primordial pour comprendre les velléités de Johannes. Mais là où quelques pages auraient sans doute suffit, nous avons droit à de trop nombreux chapitres avec de trop nombreuses longueurs. Je ne parlerai pas de la vie de la maman qui aurait très bien pu ne pas être écrite. Cela n’aurait pas empêché la bonne compréhension de l’intrigue.

Ensuite, ce roman véhicule un nombre impressionnant de clichés tant sur la rustre bonhommie de ces consanguins de villageois que sur la ridicule prétention qui accompagne nécessairement tout érudit. Le monde est séparé en deux. D’un côté l’imbécilité de ceux qui refusent le progrès. De l’autre, l’absurdité de ceux qui ne jurent que par l’intellect. Sur la forme, les dialogues sont assez réussis. La traduction a été faite avec talent, on entendrait presque l’accent des villageois en lisant leurs échanges. Ce n’est malheureusement pas suffisant pour faire de ce roman une réussite.

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