Shlomo Venezia – « Sonderkommando : Dans l’enfer des chambres à gaz »

« Sonderkommando : Dans l’enfer des chambres à gaz » – Shlomo Venezia – 2007 – Albin Michel

Shlomo Venezia est un survivant. Un survivant des chambres à gaz. Un survivant qui a vu le pire de ce que la barbarie nazie avait à montrer. Il faisait partie du Sonderkommando de l’un des plus grands crématoires de Birkenau. Son travail consistait principalement à vider les chambres à gaz des corps des hommes, femmes et enfants anéantis par cette effroyable machine nazie que fut le camp d’Auschwitz-Birkenau.

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Témoignage insoutenable mais ô combien nécessaire de ce survivant de l’horreur nazie. Rares sont les membres des Sonderkommando à avoir survécu. Rares sont ceux à avoir osé témoigner. Comme Shlomo Venezia l’explique en quelques mots dans son livre, il avait peur qu’on ne le croit pas au vu de l’énormité de ce à quoi il avait dû participer. Et ça peut se comprendre. Huit mois. Durant huit mois il a participé bien malgré lui à la mise à mort de milliers de juifs gazés, pour la plupart, dès leur arrivée au camp. Durant huit mois il les a aidé à se déshabiller les enjoignant à rentrer dans la « salle de douches » rapidement pour que les allemands ne les maltraitent pas. Durant huit mois il a sorti les corps sans vie de ces chambres à gaz pour ensuite les conduire aux fours ou aux bûchers en plein air. Qui peut imaginer le calvaire que cela a pu être ? Qui peut, ne serait-ce qu’une seconde, se mettre à sa place et vivre ces terribles évènements ? Il le dit bien dans son livre. Oui, en tant que membre de ce kommando spécial, il avait droit à plus de nourriture et à plus de place dans son « lit ». Mais pas un jour n’est passé sans qu’il ne désire de toutes ses forces quitter cet enfer. Quitter ces crématoires où toute trace d’humanité avait disparue. Même si cela signifiait mourir d’épuisement ou de malnutrition.

En tant que membre de ce kommando, Shlomo Venezia n’aurait d’ailleurs jamais dû survivre. En effet, pour garder ces pratiques secrètes, les allemands liquidaient systématiquement ces groupes d’hommes chargés de faciliter la mise à mort de leurs coreligionnaires. En lisant son récit, on apprend comment il a pu échapper à ce funeste destin. Il le doit tant au hasard qu’à une certaine force de caractère dont, quelques 60 ans plus tard, il ne semble pas s’être départi. Et, malgré des passages parfois assez difficiles à lire tant la crudité et la cruauté des nazis transpirent de ses propos, nous ne pouvons que nous réjouir qu’il s’en soit sorti car, avec ce livre, il offre à l’Humanité un témoignage d’une ampleur inégalable. Avec pudeur et honnêteté, son récit met, une fois encore, les nazis en échec.

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