John Kennedy Toole – « La conjuration des imbéciles »

« La conjuration des imbéciles » – John Kennedy Toole – 1980 – 10-18

Nouvelle-Orléans au début des années soixante. Ignatius J. Reilly, génie fantasque et fainéant vivant toujours chez sa mère se doit de trouver un travail pour subvenir à ses besoins les plus primaires et éponger une dette contractée par sa mère à la suite d’un accident de voiture. De mauvaise foi en situations aberrantes, avec Ignatius, la catastrophe n’est jamais bien loin.

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Succès commercial acclamé par la critique, ce roman inclassable est considéré comme une référence de la littérature américaine. Humour acerbe et situations rocambolesques. Héro ubuesque et méchanceté gratuite. Autant d’ingrédients qui aiguisaient ma curiosité me rendant impatient d’entamer la lecture de ce classique de la fin du siècle dernier. Hélas, ma déception fut aussi grande que mes attentes.

Avant tout, les points positifs. Même s’il ne s’agit que d’une traduction, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le style et l’écriture de Céline. L’utilisation et la connaissance de l’argot et de ses expressions sont aussi impressionnantes et justes chez Toole que chez le célèbre et décrié auteur français. Cela rend le récit encore plus authentique ce qui est une indéniable qualité. Je m’autorise également un autre rapprochement entre Ignatius et le célèbre Prétextat Tach, l’ignoble écrivain imaginé par Amélie Nothomb dans « Hygiène de l’Assassin ». Doués d’une extrême intelligence, ils sont tous deux dénués de la moindre humanité. Ce qui les rend pour le moins antipathiques.

Et c’est ici que se situe le problème. Malgré toute ma bonne volonté, il m’a été impossible de m’attacher un tant soit peu à ce personnage d’Ignatius. Au contraire, je sentais poindre au fond de moi un doux énervement au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture de cet ouvrage. Sa mauvaise foi, sa méconnaissance des réalités du monde dans lequel il vit, sa supériorité supposée et sa grossièreté sont autant d’éléments qui m’ont presque fait le détester. J’attendais la fin du livre avec impatience tant il m’agaçait. Jamais je n’ai pu lui trouver un côté sympathique ou attendrissant. Chacune de ses décisions étant dictée par son égoïsme et son mépris de l’autre, j’en venais à lui souhaiter malheur comme s’il avait été le monstrueux tueur en série cruel et sans pitié d’un roman policier.

Par contre, la description des conditions de vie de l’époque dans cette ville si particulière des Etats-Unis qu’est la Nouvelle-Orléans est une franche réussite. On vit presque l’atmosphère dans laquelle évolue les personnages tant les descriptions sont justes et adroites. Heureusement car cela m’a permit d’alléger la lecture de ce pavé un peu indigeste.

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Une réflexion sur “John Kennedy Toole – « La conjuration des imbéciles »

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