Joseph O’Neill – « Netherland »

« Netherland » – Joseph O’Neill – 2008 – Editions de l’Olivier

Hans, Rachel et leur fils vivent à New-York lorsque surviennent les attentats du 11 septembre. Profondément marqués par ces tragiques évènements, ils trouveront chacun la paix mais en empruntant des chemins bien différents. Lui, revenant à ses premiers amours sportifs, le cricket. Elle, en s’enfuyant vers une nouvelle vie qu’elle pense capable de faire oublier.

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Livre acclamé par les critiques américaines dès sa sortie (le président Obama lui-même en fera l’éloge), il nous plonge dans le traumatisme et les difficultés que bon nombre d’américains ont dû surmonter après le 11 septembre. La solution choisie par le couple mis en page est la fuite. L’une bien réelle, l’autre plus insidieuse. C’est cette dernière que l’auteur a décidé de mettre en avant via Hans, antihéros par excellence.

Quand sa femme décide de tout quitter pour retourner vivre à Londres, Hans, lui, décide de renouer avec son sport favori, le cricket. Il s’y jettera à corps perdu replongeant souvent involontairement dans d’anciens souvenirs de son enfance hollandaise et de sa vie avec sa seule mère. Exutoire et thérapie sur le tard qui le feront rencontrer d’étranges personnages et qui, au fur et à mesure, l’aideront à reprendre pied dans la réalité qu’il a quitté en cette triste matinée de septembre.

L’idée de la thérapie par le cricket est assez bonne et l’auteur semble avoir une connaissance certaine de ce sport qui, pour moi et malgré la lecture de cet ouvrage, demeure un mystère. On s’attache à cet homme qui doit faire face à ce traumatisme du survivant seul, abandonné par sa femme, impuissante face aux événements, et son fils. Son rêve de vivre dans la Grande Pomme s’est envolé en même temps que les Tours sont parties en fumée. Pourtant, il ne parvient pas à quitter la ville. Cette vie. Quelque chose semble le retenir presque à son corps défendant. Il sent qu’il doit rester. Faire le point. Le cricket et Chuck, sa principale rencontre durant cette sombre période, l’y aideront imperceptiblement, lentement.

Le sujet est intéressant et il est facile de comprendre pourquoi ce livre a été un véritable succès aux Etats-Unis. Tous les américains ont été, l’espace de quelques jours, new-yorkais. Il semble évident que tous, d’une façon ou d’une autre, ont fait face aux mêmes traumatismes que ces personnages. Pour moi, ce succès est un peu moins explicable. Je trouve que le sujet est bien traité et que les personnages sont crédibles, gagnant en épaisseur au fil des pages. Cependant, la lourdeur de l’écriture et la lenteur de certaines scènes rendent parfois la lecture un peu trop ardue. Ces difficultés sont un peu mise de côté grâce à la qualité des descriptions de New-York et au côté légèrement pince sans rire de Hans. Pour le reste, ce livre n’est pas indispensable malgré ses récompenses et son américaine gloriole.

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