J. Courtney Sullivan – « Les Débutantes »

« Les Débutantes » – J. Courtney Sullivan – 2009 – Editions Rue Fromentin

Bree, Célia, April et Saly étaient inséparables. Elles se sont connues à l’Université de Smith, haut lieu du féminisme américain. La vie d’adulte et ses péripéties les éloignent peu à peu sans pour autant entamer le lien qui les unit les unes aux autres. Un mariage, une rupture, une disparition… Malgré l’éloignement et le temps qui passe inexorablement, rien n’est plus précieux que leur profonde amitié et leurs souvenirs.

9782919547074

Quatre filles. De grandes et immortelles amitiés. Et le féminisme américain en toile de fond. Une avocate lesbienne. Une pigiste qui rêve de devenir écrivain. Une femme au foyer mariée et conformiste. Une activiste de la cause des femmes. Malgré quelques lieux communs propres à leurs styles de vie, l’auteur ne tombe jamais dans les clichés. Ces quatre personnages sont suffisamment attachants pour que l’on suive leurs histoires et leurs relations avec un certain intérêt. L’auteur parvient à rendre leur amitié crédible malgré des différences de caractère, d’opinion et des choix de vie qui pourraient paraître insurmontables. Chaque paragraphe correspond à l’histoire de l’une d’entre elles, le narrateur changeant donc constamment. On passe de leur présent à leur passé sans arrêt, vivant leurs interrogations quant à leur avenir et apprenant comment elles en sont arrivées là depuis la fin de leurs études. Construction loin d’être originale et écriture assez simple mais le tout est suffisamment vivant et bien tourné pour que le lecteur ait envie de tourner les pages.

Pour terminer, on ne peut aborder cet ouvrage sans parler du féminisme et de son histoire américaine. C’est le fil rouge du livre. Depuis l’université pour filles où se rencontrent nos quatre protagonistes jusqu’aux choix posés par chacune d’entre elles durant leur vie. A différents niveaux d’implication, certes, mais tout est guidé par la notion de défense du droit des femmes. Et je suis assez partagé. D’un côté, il est intéressant d’apprendre comment les femmes sont parvenues à obtenir de plus en plus d’autonomie depuis la fin de la seconde guerre mondiale et de voir comment les activistes s’y sont pris pour gagner ces droits légitimes. Mais d’un autre côté, l’auteur, qui a fait ses études dans cette université pour filles bien connue aux Etats-Unis (Smith), en fait parfois un peu trop. On assiste à des débats où la défense de la femme passe, par principe, avant toutes autres considérations. On se désintéresse alors du sujet même s’il est important. Défendre une cause par conviction sans tenir compte d’autres éléments pertinents ou d’autres réalités peut en faire perdre l’intérêt. L’auteur, en voulant bien faire, tombe malheureusement dans ce piège. La lecture peut alors devenir rébarbative.

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